Guinée : “le vieux chien n’abandonne jamais sa position initiale” (Tribune)

Puis naît un brin d’espoir pour l’ouverture d’un dialogue en Guinée. Oui en Guinée, on vit et on se nourrit d’espoirs, de faux espoirs surtout. Et la comédie de continuer, le faux-semblant de prospérer.

Oui, puisque même convaincus qu’adieu, les vendanges sont faites, ils continuent de nous laisser nous monter la trombine. Aujourd’hui que la trêve accouchée au forceps, oui après que les épées aient crépi comme à chaque fois qu’il faut faire entendre une cause, ait permis que le vieux renard revienne sur ses pas, on se met soudain à rêvasser et à entrevoir aussitôt le bout du long tunnel de combat de nègres auquel l’on se livre voici cinq mois. Acculé et lâché par ses soutiens à l’international et surtout à bout de souffle face des aversaires coriaces qui lui ont pourri la vie jusque dans ses dernier retranchements, le vieux bonze a fini par reculer.

Oui, l’espoir fait vivre, les hommes politiques du métal d’Alpha Condé, savent bien en nourrir leurs peuples en les occupant à autre chose, tant que faire se peut, pour entre temps, dérouler leur plan Oméga. A bien s’y méprendre, ce sont plutôt eux qu’il continue de rouler dans la farine, nains politiques qu’ils sont, de surcroît ses apprentis à lui, Maître Sorcier, virtuose du poker mentir politique. Le fol espoir d’un énième Yalta voué d’emblée à ne rien donner, entre temps, lui, il continue, tranquille comme Baptiste, à dérouler son plan de machiavélique. Pire, pendant ce temps, eux, ses apprentis-sorciers, se donnent en spectacle, prouvant bien qu’ils ont succombé au jeu d’échec que lui il remportera haut les mains, vaille que vaille.

Et cette trêve tant entendu sur toutes les lèvres et claironné sur tous les toits, parlons-en. Une question doit dorénavant tarauder nos esprits, pendant qu’une nouvelle fois, il a réussi à nouveau à nous mener en bateau jusqu’à un point de non retour, combien durera donc cette nouvelle trêve ? Et subséquemment, que peut-on bien en attendre ? Il y a deux, trois mois, ce qui était en cause, ce sur quoi ils se tenaient la barbichette, c’était bien ce fameux fichier électoral, concocté par la CENI. Je dis bien, il y a deux, trois mois, s’il y avait espoir qu’on pouvait remédier au au problème, en deux semaines, c’est quasiment impossible, il n’y a pas à tortiller. Nous y voilà donc, là où il voulait nous conduire, au point de non retour. Et puis, même s’il est toujours l’objet de ce fameux dialogue qui va s’ouvrir, il n’y a nullement à espérer qu’il soit modifié d’un iota, le camp du pouvoir n’en déridera point.

En deux mots comme en mille, il est à dire qu’une nouvelle fois, il s’est bien joué de nous, nous envoyant nous bouler dans la prairie de ses propres niaiseries à la limite candides. Plus que jamais, sa stratégie du fait accompli, a fonctionné, bien fonctionné.

Qu’on ne se bourre point le crane de fausses illusions, ce énième trêve, il l’a vicié, il l’a biaisé, en le vidant avant l’heure de tout son substratum, de toute sa substantifique moelle. Voici jusqu’où il voulait nous mener. Et Dieu et ses Saints et les humains, savent que les dés ont déjà été si bien pipés, qu’il ne reste plus au FNDC et à l’opposition qu’à accentuer la pression comme c’est aujourd’hui avéré.

Le tour est bien joué !

 

Mamadou Pathé BARRY, journaliste et citoyen engagé

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